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HISTORIQUE


En préambule, rappelons que l'usine d'Alteo produit dans le département du Var et depuis 1893, de l'alumine à partir de la bauxite, selon le procédé dit « Bayer », du nom de son concepteur.


Ce procédé consiste à dissoudre à chaud l’alumine que contient la bauxite avec de la soude.


Oxyde de fer, silice, oxydes divers, restent insolubles lors du procédé, ce qui génère alors une grande quantité de résidus toxiques à forte coloration rouge, d’où le qualificatif de « Boues rouges ».


Concernant l'usine de Gardanne, elle bénéficie, depuis 1966, du droit de rejeter ses résidus du traitement de la bauxite à une profondeur de 230 m dans le canyon de Cassidaigne, un site situé en plein cœur du parc national des Calanques et qui est remarquable par sa biodiversité.


En cinquante ans, c'est près de trente millions de tonnes de déchets qui auront été déversés en mer, par le biais de l’installation d’une canalisation longue de 47 kilomètres, au départ de la ville de Gardanne.


Le résultat final est un dépôt de boues rouges qui s’étend jusqu’à 2 300 mètres de profondeur et 65 kilomètres environ depuis l’extrémité de la conduite et qui couvre une zone qui part du golfe de Fos et va jusqu'à la rade de Toulon.


Or, dans ces « boues rouges» déversées chaque jour par centaines de tonnes dans la mer, on retrouve des éléments toxiques qui sont : l’arsenic, l’uranium 238, le thorium 232, le mercure, le cadmium, le titane, la soude, le plomb, le chrome, le vanadium, le nickel, pour ne citer que ces polluants.


Avec pour conséquences que, de Marseille à Cassis, les filets des marins pêcheurs remontent teintés de rouge et de poissons chargés en métaux lourds, ce qui ne peut pas être sans conséquence à terme sur la santé publique….

LE DANGER DES BOUES ROUGES DE GARDANNE



La Ministre de l’Ecologie va devoir prochainement statuer sur le renouvellement de l’autorisation de rejets issus de l’usine d’Alteo, plus connus sous l’inquiétant qualificatif de « Boues rouges de Gardanne. »


Le groupe industriel Alteo n’est pas un inconnu pour Ségolène Royal, qui déclarait déjà le 12 décembre dernier, depuis la conférence climat à Lima COP 20 : « Je crois que les riverains ont raison, la vérité n’a pas été dite sur ce sujet. L’usine d'ALTEO rejette des déchets de mercure et d’arsenic. »


La Ministre de l’Ecologie n'hésitait pas à dénonçer par ailleurs : « Un système qui n'est plus durable, ce laxisme en direction d'entreprises qui ont le droit de polluer et de s'approprier des profits privés contre une pollution qu'elles ne paient pas et qui sans doute détruisent d'avantage d'emploi qu'elles n'en créent. Il ne faut plus que le chantage à l'emploi conduise à être laxiste à l'égard d'entreprises qui polluent…


Le Président de la République a demandé que soit mené à bien un travail de développement de la démocratie participative appliquée aux décisions importantes de l'’environnement. »

Rappelons enfin que l’autorisation donnée à Alteo, de se débarrasser en mer de ses déchets, prévoit la fin de tout rejet en mer de matières en suspension au 31 décembre 2015, conformément à l'arrêté préfectoral de 1996.


Or, en mai 2014, la société Aluminium Pechiney, propriétaire de la canalisation, a demandé à la préfecture du Var une nouvelle concession de trente ans pour l’ouvrage, tandis qu’Alteo réclamait dans le même temps  une modification des conditions d’exploitation de son usine de Gardanne : plutôt qu’un arrêt total de tout rejet, elle souhaite obtenir l’autorisation de déverser en mer quatre-vingt-quatre tonnes par an d’effluents liquides.


Et ce, au motif que même si le groupe industriel semble avoir répondu techniquement à l'interdiction de rejet en mer des résidus chargés en matière en suspension, il attend toujours l'autorisation officielle s'agissant des effluents liquides (en sortie de filtre à presse).

Selon l’industriel, un refus à sa demande pourrait entrainer de facto la fermeture du site et la disparition des emplois, d’où la nécessité revendiquée de pouvoir continuer de polluer le temps nécessaire...


Le 8 septembre 2014, peut être sensible à ces arguments - ou au contenu fantaisiste des plaquettes "publicitaires" d'Alteo  mettant en avant la beauté de fonds coralliens et la diversité de la faune marine présents sur le site de déversement - le conseil d’administration du parc national des Calanques donnait son feu vert à la poursuite pendant 30 ans des rejets d'effluents par trente voix, contre seize.


Devant le tollé suscité, suite à cette décision, Ségolène Royal se rappelait au bon souvenir d’Alteo par un communiqué en date du 19 septembre, rappelant « qu’il faut viser un objectif de zéro rejet d’arsenic et de métaux lourds en mer…Les préoccupations liées aux priorités concernant la santé publique et la protection d’un milieu marin fragile justifient cette décision. Des solutions doivent être trouvées pour défendre en même temps l’emploi et l’environnement, sachant que la destruction de l’environnement est aussi destructrice d’emplois et génératrice de dépenses publiques élevées. »


La Ministre de l’Ecologie saisissait en parallèle l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) afin d'analyser l'impact de ces rejets liquides sur la contamination des poissons, ainsi que le Bureau de recherche géologique et minière (BRGM) chargé d'étudier, de son côté, les technologies alternatives et l'efficacité des filtres presse prévus pour supprimer les boues rouges.


Mais avant d’aller plus loin dans le focus, revenons à la source de pollution :


> Aujourd’hui, la quantité maximum de résidus de bauxite que peut rejeter chaque jour l’usine de Gardanne dans la Méditerranée est de 780 tonnes.


Se voulant toujours rassurants, les responsables d'Alteo expliquent que ce flux ne devrait plus dépasser 227 kilogrammes par jour, à partir du 1er janvier 2016, grâce à un nouveau procédé de traitement des effluents qui retient les résidus solides et qui sera pleinement opérationnel d'ici la fin de l'année.


En effet, outre l'optimisation de son procédé d'extraction afin de réduire les volumes des résidus, le groupe industriel a anticipé l’échéance réglementaire en investissant sur son site dans un système de déshydratation par filtre presse. L'objectif étant de récupérer toutes les matières en suspension de l'effluent industriel. Trois filtres permettront de traiter l'intégralité des résidus et d'extraire un résidu solide. Ce dernier, baptisé Bauxaline sera stocké à terre, mais il fait également l'objet de recherches afin de le valoriser (déphosphatation de l'eau, dépollution des sols, traitement d'effluents acides contaminés par des métaux, couche de soubassement pour les travaux publics, renforcement de digues….)


Du coup, à défaut d’une transparence totale sur les données des études déjà commanditées par le groupe industriel, la dite Bauxaline va permettre un affichage moins polémique, puisque se conformant aux grands principes de l’économie circulaire.


Des esprits chagrins en veulent pour preuve, l’adhésion récente d’Alteo à l’Institut de l’économie circulaire, présidé un député EELV des Bouches-du-Rhône....

Pour en revenir aux effets d’annonces : sur une production d'alumine d'environ 500.000 tonnes prévus pour 2015, l'usine prévoit de récupérer 340.000 tonnes de Bauxaline.


Or, il semble pour le moins difficile à ce jour d'évaluer un risque de contamination en se basant sur la situation actuelle, alors même qu'à partir du 1er janvier 2016, les effluents rejetés seront différents de ceux traités actuellement.


C’est le constat sans appel qui apparait dans les conclusions de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) qui apparaissent plus que critiques, face aux affirmations de l’industriel qui se retranche une nouvelle fois derrière les enquêtes qu’il finance, afin de pouvoir affirmer «l’innocuité générale des résidus collectés en mer».

DES DOUTES SUR LES AFFIRMATIONS D'ALTEO


Sans préjuger de la réalité de cette innocuité générale, l’Anses estime que le nombre très limité de données fournies par Alteo rend les interprétations «très difficiles». Et les experts sanitaires recommandent de réaliser de nouvelles campagnes de pêche, de déterminer la composition réelle de l’effluent futur et de caractériser les concentrations en contaminants associés à la transformation de la bauxite.


De fait, le 7 avril dernier, au vu du rapport de l’Anses, Ségolène Royal a immédiatement stoppé net l’enquête publique sur les projets d’Alteo et demandé de nouvelles analyses, cette fois sous le contrôle de l’Anses.


Suite à cela, la préfecture des Bouches-du-Rhône a annoncé que la demande de rejet d'effluents liquides de l'usine Alteo de Gardanne aura lieu du 17 août au 25 septembre 2015.


Après clôture de l'enquête publique, le dossier sera soumis à l'avis du conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst) et, de manière inhabituelle, au conseil supérieur de la prévention des risques technologiques (CSPRT). Le préfet des Bouches-du-Rhône prendra ensuite sa décision.


Sachant, qu’alarmée par les conditions d’entreposage des résidus miniers, la Ministre de l’Ecologie a aussi demandé au préfet d’intervenir sur le site de production.


Car la Méditerranée, sa faune sous marine, les amateurs de poissons et diverses bouillabaisses, les baigneurs et vacanciers… ne sont pas les seuls concernés par les dangers de contamination.


Pour preuve, en janvier dernier, le maire de Bouc-Bel-Air interdisait aux riverains du site de boire l’eau de leur puits, ainsi que de l’utiliser pour l’arrosage ou même pour remplir leur piscine.


Et Alteo signalait en même temps une résurgence polluée, afin de «prévenir tout risque sanitaire éventuel»….


En attendant les compléments d’enquête sur l’environnement demandés par la Ministre de l’Ecologie, les questions de santé publique restent les plus difficiles à éclaircir. Les envols d’éléments toxiques inquiètent les riverains, qui suffoquent littéralement quand le mistral se lève. Et l’Agence régionale de santé (ARS), quant à elle, refuse de livrer ses chiffres de morbidité par cancer pour les communes de Gardanne et de Bouc-Bel-Air.  Il est vrai qu’il s’agit d’un dossier miné…


Par ailleurs, Alteo met en avant qu’il a commandé de nombreuses études au protocole bien établi, de façon à pouvoir être vérifiables par la communauté scientifique.


Sauf qu’elles sont introuvables pour le grand public, les associations et les chercheurs indépendants !


Exemple : celle de Créocean datant de 1993, qui compile plusieurs études, dont celles de 1991 et 1992, qui démontrent la toxicité des boues. Le rapport est toujours « confidentiel », inaccessible. En 1994, une autre équipe de chercheurs fait une analyse spectrométrique de la composition des boues de Gardanne. Résultat : les boues constituent un cocktail de métaux lourds avec, par ordre décroissant, de l’aluminium, du fer, du chrome, du mercure....


« D’après ces données, le rejet sauvage des résidus de bauxite constitue un risque majeur pour l’environnement avec des conséquences néfastes sur les premières étapes de la vie… ».


A noter que l’une des dernières études scientifiques réalisée par plusieurs chercheurs du CNRS, en 2012, a disparu des écrans, même en la payant. Le résumé de « Deep-sea foraminifera from the Cassidaigne canyon : accessing the environmental impact of bauxite red mud disposal » n’apparaît qu’en partie (publiée dans le Marine Pollution Bulletin du 13 juillet 2012).


Ce qui amène le lecteur à se poser des questions légitimes : 


>  Peut-on justifier que ces informations soient inaccessibles, voire cachées ?


> La capacité de pression et de lobbying d'un groupe industriel doit-elle prévaloir sur la santé des populations concernées ?

En tout état de cause, force sera de constater que les batailles d’experts et l’identité de leurs commanditaires mettent en évidence la difficulté de faire valoir l’intérêt des populations en matière d’environnement et de santé !


Pour en revenir à notre Ministre de l’Ecologie et à « son habitude de dire ce qu’il ne faudrait pas », elle a su contrecarrer une affaire qui se présentait plutôt bien pour Alteo puisque l’étape décisive de l’enquête publique devait avoir lieu du 20 avril au 5 juin et que le groupe industriel avait prévu de marquer le coup les 14 et 15 avril, par deux conférences de presse, l’une à Marseille, l’autre à Aix-en-Provence.

 

Sauf qu'aussitôt, les dirigeants d’Alteo sont allés plaider leur cause auprès du Ministre de l’Economie, Emmanuel Macron et il semblerait que le poids économique du groupe ait joué à fond, puisqu'à la sortie de l'entretien, les dirigeants se sont empressés d’annoncer que la fermeture de l’usine n’était pas à l’ordre du jour….

Avec en sous entendus, que le Ministre de l’Economie se serait contenté de la bonne foi et des études fournies par l’exploitant, pourtant dénoncées depuis des années par les associations écologistes ou les pêcheurs.


Et pourtant, reconnaissons qu’au nom de la préservation de lʼemploi, lʼusine dʼalumine des Bouches-du-Rhône aura bénéficié dʼun très, très, très long moratoire pour mettre fin aux rejets de boues rouges dans la Méditerranée et que l’Etat aura été plus que bon enfant en guise d’aides publiques et de cadeaux fiscaux.


Avec pour résultat au final, que vingt ans plus tard, grace à un renfort croissant de communication et de lobbying, la pollution perdure toujours et lʼemploi sur le site de Gardanne nʼa jamais paru autant menacé !


Focus au 27/08/2015






Complement d'information au 15/01/2016


Le préfet de la région PACA "a signé le lundi 28 décembre 2015 un arrêté autorisant la société Altéo à continuer à exploiter à compter du 1er janvier 2016 ses usines sur le site de Gardanne et autorisant, pour une durée de six ans, le rejet dans la mer d'effluents aqueux dépassant les limites réglementaires", provoquant la protestation de Ségolène Royal.avait annoncé un peu plus tôt la préfecture de Paca.


Les défenseurs de l'environnement craignent qu'une nouvelle autorisation de rejets ne remette en cause le statut même du Parc national des Calanques, une aire de protection créée en 2012.


Altéo affirme de son côté avoir amélioré son procédé de production et ne plus avoir besoin de déverser des rejets solides (les boues rouges, ndlr), mais uniquement des effluents liquides.


"Il s'agit de rejets d'effluents liquides, chimiques, toxiques et radioactifs, c'est toujours le dossier des boues rouges, même si les rejets n'en n'ont plus la couleur", a indiqué à l'AFP Alain Matési, président de l'association "CoLLecT-IF environnement".


Une analyse partagée par Mme Royal : "les dernières enquêtes de l'Anses publiées il y a quelques jours ont bien montré qu'à l'endroit des rejets, il y avait une contamination beaucoup plus forte notamment en mercure, une pollution dangereuse pour la santé", a-t-elle affirmé en espérant "qu'il y aura des recours pour que toute la clarté soit faite".


"L'ordre est venu du Premier Ministre au préfet, direct", a déclaré la ministre de l'Ecologie à l'AFP. "Je désapprouve cette décision, je n'ai pas du tout changé d'avis, je pense que c'est une mauvaise décision qui est essentiellement suscitée par le chantage à l'emploi", a-t-elle ajouté.


Le dimanche 31 janvier, Ségolène Royal qui refuse cette décision arbitraire et contraire à l'intérêt des populations a assuré que « le combat » continuait contre les rejets de « boues rouges » polluantes par l’industriel Altéo dans les calanques marseillaises après l’autorisation de ces rejets par la décision préfectorale :


« C’est une très mauvaise décision, mais ce n’est pas terminé, car les associations, les riverains, des élus ont déposé un référé en suspension », devant le tribunal administratif, a ensuite ajouté Ségolène Royal.


« Le combat continue, je suis saisie d’un recours hiérarchique et j’ai deux mois pour statuer sur ce recours », a indiqué Ségolène Royal à France 5.


« C’est le combat de l’économie contre l’écologie et ma conviction profonde c’est que détruire l’écologie c’est aussi détruire l’économie », a ajouté la ministre « Il faut intégrer le coût de la pollution dans le coût économique de l’entreprise et voir si l’entreprise est viable, parce que quand on détruit la mer, on détruit d’autres emplois ».




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