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 Le monde contient bien assez pour les besoins de chacun, mais pas assez pour la cupidité de tous. (Gandhi)

CHRONIQUE DU 15/04/2016        

Toujours aussi dur d'être compréhensif, lorsqu’on revient d'une mission collaborative dans une région pauvre de la planète....


Et comment pourrait-il en être autrement, face à cette agitation franco-française et en regard des « débats » pour le moins surréalistes, que le microcosme politico-socio-médiatique inflige, en boucle, au reste de la population ? 


Sans vouloir être trop provocateur (quoique...), il faut reconnaitre que, pour qui visite notre pays ou y retourne, la première chose qui vient à l’esprit en allumant le téléviseur, c’est que le must doit y consister à passer la « Nuit debout » en attendant de voir poindre l’aube d’un « grand printemps », le tout en regardant avec bienveillance des casseurs saccager les vitrines et le mobilier urbain.


Pour avoir battu le pavé à de nombreuses reprises - jusqu’à y comprendre que la manipulation l’emporte généralement sur la raison -, je ne me sens pas vraiment le droit de condamner toutes celles et ceux qui sont persuadés du bien fondé de leurs « actions » et de la nécessité de changer de société. Par ailleurs, on ne peut que se réjouir que des jeunes (et moins jeunes) cherchent à participer à un débat public, qui leur est en partie refusé par un système consanguin et à bout de souffle.


Pour autant, je pense qu’il n’est pas inutile de s’interroger sur les motivations profondes qui anime une partie de la jeunesse et des milieux contestataires qui occupent la rue depuis plusieurs semaines.


En effet, après avoir fait un tour sur place (sans jeu de mots) et sans vouloir commenter les slogans et les tags qui fleurissent sur les monuments publics et les façades des immeubles de la Place de la République*, je n’ai pu que constater que la France continue à être un pays chimérique, au point d’en être de plus en plus ridicule aux yeux du reste du Monde.


Ce Monde, au sein duquel, la France et l’Europe persistent à vivre dans une bulle utopiste qui est en train d’éclater face à la réalité de ce qui les entoure. Et cette réalité, c’est avant tout l'humanité qui vit au-dessus de ses moyens !


Qu’on accepte de le reconnaitre ou non, le seuil critique a été atteint depuis environ trente ans et la consommation des hommes dépasse désormais ce que la nature est en capacité de lui fournir en termes de recyclage de CO2 libéré et de production de nouvelles matières premières. Et les chiffres sont terribles : pour ne prendre que cet exemple, un Terrien sur sept n'a pas accès à une eau potable de qualité. Quant à la qualité de cette eau de consommation indispensable à la vie, il suffit de constater qu’il ne reste que 7 % de cours d'eau en France vierges de toute trace de pesticide, pour comprendre que la situation est devenue catastrophique, même chez nous.


Les projections sont sans appel : nous sommes sur une trajectoire où nous allons avoir besoin des ressources de deux planètes bien avant le milieu du XXIème siècle. Aujourd'hui, plus de 80% de la population mondiale vit dans des pays qui utilisent plus que ce que leurs propres écosystèmes peuvent renouveler. S'ils ne dépendaient que de leurs territoires nationaux, les Japonais auraient ainsi besoin de sept Japons pour une consommation « durable », les Suisses ou les Italiens de 4 pays et la France de 1,6 pays.


D'autre part, l'industrie des pays émergents va devenir plus gourmande et du fait de la croissance démographique, la demande alimentaire mondiale pourrait doubler d'ici à 2050.


Croissance démographique : ces deux mots pourraient résumer à eux seuls tous les maux !


Je sais, là je suis en terrain miné et j’aborde un sujet tabou qui m’expose au mieux à un anathème... Mais que celui qui n'a jamais pleuré de ne plus pouvoir remplir d'un brouet de mil, la gamelle tendue par un enfant famélique, me jette la première pierre. D'autant que l’humaniste (celui du coeur, pas du charity business) ne peut que se désoler devant la misère qu’engendre la surpopulation d’une planète aux ressources limitées et il ne peut que s’inquiéter des inévitables conflits que cela va générer.


Alors certes, il ne faut pas dénier aux peuples le droit à disposer d’eux même en matière de naissances, ni ignorer le poids des traditions et surtout celui de la religion lorsqu’on aborde les problèmes liés à la démographie. Mais la situation est devenue telle que, même le pape s’est risqué à affirmer que « les chrétiens ne doivent pas se reproduire comme des lapins… », c’est dire !


On ne peut nourrir plus que ce que la terre ou le travail peut fournir ! Et qu’on soit croyant ou non, reconnaissons que les propos du pape relèvent du bon sens qu’ont généralement les gens simples, qui sont en contact quotidien avec la terre.


A contrario et toujours sans vouloir provoquer inutilement, j’estime que pour ce qui est du bon sens, les dirigeants des pays européens - au premier rang desquels la France - n’en font guère preuve lorsqu’ils s’inquiètent d’une baisse possible de la natalité, au lieu de s’en réjouir.


En effet, nous ne sommes pas isolés du reste du monde et les vagues successives et croissantes de pauvres gens qui fuient les famines, la misère et les conflits devraient nous faire comprendre que le simple fait de diminuer la population humaine diminuera de facto la pollution, les conflits pour la terre et, ou, l’eau, préservera la biodiversité, les ressources, voire même les cultures et traditions….


Sans compter qu’il nous faut sortir de l’hypocrisie qui consiste à faire croire que la santé économique d’un pays est concomitante à l’élévation du nombre de ses habitants.


A ce sujet et si on osait faire un lien avec la plupart des mouvements sociaux d’ampleurs que nous avons connus, on parviendrait à la conclusion que le seul argument du toujours plus d’habitants dans les sociétés occidentales - et particulièrement en France -, ne tient en fait qu’à la sacro-sainte sauvegarde des retraites et de la sécurité sociale (ainsi que la représentation sociale qui va avec…), puisque le système par répartition fait reposer sur les actifs et les entreprises le financement des régimes sociaux.


Or, le système est maintenant à bout de souffle du fait de dépenses sociales qui explosent, de l'augmentation significative de la durée de vie et du nombre croissant d'inactifs et divers ayants droits qui ne cotisent plus ou pas. 


N’est-il donc pas temps d’envisager un autre paradigme social ? Sachant que rien n'empêchera de maintenir le niveau des prestations sociales et des pensions, puisqu'en réalité le paritarisme est mort à l’instant même où l’Etat s'est substitué aux cotisants à toute fin de pouvoir combler les fameux trous de la Sécu et autres déficits des caisses de retraites...


Enfin, doit-on continuer à fermer les yeux sur le drame que représente la surpopulation et laisser le débat aux mains des seuls lobby agroalimentaires, aux religieux et à tous ceux qui œuvrent pour une politique de promotion de la natalité ?


Des solutions existent et refusons les procès en eugénisme en rappelant que la promotion de la maîtrise des populations (en partie soutenue par des organisations internationales comme l'OMS) a permis de déployer la contraception dans des pays à population en forte croissance, après la révolution agricole et la révolution médicale.


L'éducation au sujet de la surpopulation, du planning familial et des méthodes de contrôle des naissances est bien évidemment un ingrédient de base de toute politique de modération de la démographie. Mais au-delà de cette évidence, l'élévation du niveau d'éducation générale elle-même est indispensable, car la corrélation entre l'ignorance et la natalité a toujours été observée ; en particulier l'accession des femmes à l'éducation est indispensable à leur émancipation, condition sine qua non pour qu'elles puissent refuser la procréation.


Dans son rapport chiffré de 2013, le Fonds des Nations unies pour la population constate que la surpopulation est étroitement liée à la domination masculine et à la négation des droits de la femme et aussi, que 40% des grossesses ne sont pas désirées.


Et n’en déplaise à tous ceux qui exècrent l’idée même d’égalité hommes/femmes, toutes les études montrent que l’éducation des femmes est un des premiers moyens pour faire baisser le taux de natalité !


A l’aune des chiffres et plutôt que de chercher à tout prix à imposer notre mode de vie occidental - qui n’a de sens que dans le consumérisme suicidaire auquel adhère malheureusement une grande partie de la jeunesse -, attachons-nous plutôt à convaincre le reste du Monde que l’avenir de l’homme passe par la reconnaissance de l’égalité de la femme.


Pour terminer, je pense qu’il faut se guérir d’urgence de ce « rien-à-voirisme » qui gangrène l’avenir, nous empêche de regarder la réalité en face et de surtout nommer les choses.


Alors pourquoi pas une « Nuit debout », mais les yeux ouverts sur la réalité du monde qui nous entoure !


Pour cela, nous devons sortir d’urgence des débats franco-français et plutôt que d’essayer d’imaginer un futur de privilégiés, fasse que notre jeunesse soit capable de penser et de réaliser ce que notre génération a été incapable de faire : une communauté internationale qui soit enfin une réalité et non un concept abstrait.


Sachant que les deux premières valeurs fondatrices de ce grand idéal humaniste pourraient être l’égalité hommes/femmes et un écologisme** raisonné.


L’écologisme étant, à ce jour, le seul vrai lien qui relie la communauté internationale, comme on a pu le constater à l’occasion des débats de la COP 21.


Gilles VAUCOULEUR


Rédacteur en Chef du Forum Planète bleue






* « Nique les flics », « La vengeance arrive » ou encore « Travaillons au désordre ! »  « Insurrection ! »…


** ou si vous préférez l’environnementalisme, qui a comme projet la conservation des ressources naturelles, la préservation de la « vie sauvage », la lutte contre la dégradation, la fragmentation et la destruction des habitats et des écosystèmes au sens le plus large.

 



  

Gilles Vaucouleur/

 

Et surtout nommer les choses !

Il faut regarder la réalité en face

Gilles VAUCOULEUR

Président